La race juive est une des plus ancien­
nement civilisées... Pendant les désordres
brutaux du moyen âge, les Juifs avalent
inventé les procédés de commerce qui
unissent les peuples, par exemple la let­
tre de change...Déjà, il y a deux mille
ans, les idées morales et intellectuelles
étaient remarquables chez eux...
...Les peuples chrétiens, au contraire,
sortent à peine de la barbarie... Ils n'ont
pas cessé de lutter contre des habitudes
de rapine, d'injustice et de violences, ou
morales ou physiques.
A lp h p onse d e C andolle, natura­
liste su isse. «H istoire d es S cien ­
ces e t d es S a van ts », p. 406.
G en èv e, B âle, L yon . H. Glorg,
1873.
16 KISLEV 5?12
1S DECEMBRE 1/651
(J O U R N A L D 'IN FO R M A TIO N J U IV E AU MAROC")
Autorisé à insérer les annonces légales et judiciaires
Beaucoup d'hommes ont assis leur d o ­
mination sur les peuples par la force de
l'épée. Nul n’a fondé comme Moïse un
empire inexpugnable par la seule force de
la parole, Cyrus, Alexandre, Mahomet,
ontporté dans le monde la désolation et
la mort, et ils n’ont été grands que parce
qu'ils ont été de grands tueurs d'hommes.
Moïse détourne la tête devant les san­
glantes batailles, il rentre dans le sein
d'Abraham couvert de blancs vêtements
et éblouissant de pacifiques splendeurs.
Juan F ran cisco D on oso Cortès
(1809-1853), E crivain espagnol.
Πuvres, tom e I p. 271. Paris
A. V aston, 1858
Le
L ’UNITÉ N ÉCESSAIRE
C'est avec un intérêt tout parti
culier que nous suivons chaque an1
née les assises de la jeunesse juive
du Maroc qui viennent d'avoir lieu
à Casablanca, au cercle de l'Asso
ciation des Anciens Elèves de l'Al
liance.
Les Associations des Anciens
Elèves de l'Alliance Israélite exis­
tent dans quinze villes du Maroc et
groupent plusieurs centaines d'adhé
rents actifs. Leurs buts sont exclu
sivemeni sportifs et culturels, mais
c est parmi leurs membres que se
recrutent souvent les dirigeants
d Œuvres locales et de Communau­
tés. Groupées dans une Fédération
depuis quelques années, ces Assoon* éprouvé le besoin, en
1948, de collaborer avec deux organisations juives dont l'influence est
remarquable : l'Association CharlesNetter et la Fédération des Eclai­
reurs Israélites.
Celle collaboration ne pouvai
se réaliser que si la. Fédération
anciens elèves de l'Alliance se trans­
formait pour devenir une Fédéra«,*°n ^eS ™ouvemenis de jeunesse
juive du Maroc, ouverte à toutes les
organisations se consacrant aux jeu­
nes.
l 'e n f h ^ ° " 9rès I e 1948
dans
I enthousiasme la modification des
maistSi'a !ila- ? édéralion à cet effet,
mais 1 Administration, mal renseif.”?e..ou 19n°ranle des nécessités, no­
tifiait son veto et empêchait la réa­
lisation des vœux des représentants
de ia jeunesse juive du pays.
Ces derniers, réunis à nouveau en
Congres en mai 1949, prenant acte
i at dec‘si°" de l’Administration,
adoptaient a 1 unanimité une réso­
lution recommandant une démar­
che tendant à donner à cette derniere tous éclaircissements sur les
buts poursuivis par la nouvelle Fé­
dération.
Cependant' le Congrès de 1949
réaffirmait sa volonté de constituer
I unité de la jeunesse du pays.
Par la suite, certains membres du
Bureau fédéral, convoqués par la
police, recevaient notification d'avoir
a se conformer aux anciens statuts
de la Fédération, sous peine de
poursuites judiciaires. L'Adminis­
tration voulait manifestement main­
tenir dans la dislocation las diver­
ses organisations de jeunesse juive
du pays. La composition du Bureau
fédéral dut être remaniée en cours
d exercice selon la formule prévue
aux anciens statuts.
Le Congrès réuni en 1951, dont
nous donnons un compte rendu par
ailleurs, est resté fidèle à cette vo­
lonté de la jeunesse juive du pays.
II n'a pas hésité à adresser un té­
légramme au général Guillaume, si­
gnalant les difficultés suscitées par
l'Administration
qui persiste à
ignorer les nécessités d'une unifica­
tion de la jeunesse juive du pavs.
D'autre part, il a chargé une délé­
gation de prendre contact avec
l'Administration afin que satisfac­
tion soit obtenue.
Cette volonté persistante des re­
présentants de la jeunesse juive,
leur patience et leur courage ainsi
que leur désintéressement, ont fait
monter dans notre estime et dans
notre ^ affection, la jeunesse juive
len u e con grès a n n u el de la F éd ération M arocaine d es A sso cia tio n s d es A n cien s jeu n esse ju iv e , d on t le b u t éta it la coorE lèves d e l'A llia n ce Israélite. P lu sieu rs p erso n n a lités q u i y a v a ien t été in v ité e s, d in ation et la cen tra lisa tio n d es a c tiv ité s
a ssitèren l à 1 o u v ertu re du con grès : M. W illiam B ein , d irecteu r au M aroc d e so cia les et cu ltu r e lle s d e ce tte d ern ière.
rA m erican Join t D istrib u tion C om railtee, M. Ju les S en ou f, p résid e n t d e l'O .R.T.- La jeu n e sse ju iv e co m p te su r l'esp p rit de
Maroc, M. S.-D . L évy, p .é sld e n t de l'O .S.E.-M aroc, M m e H élèn e C asès-B en atar, lib erté qui est l'ap an age de la F ran ce
qui a v e c MM. Ju les S en ou f et S.-D . L évy, est p résid en te d 'h onn eu r de l'A ssocia- pour q u e l'a d m in istra tio n reco n n a isse le
lio n d es A.A.E.E. d e C asablanca. M. L aufer, ad join t au M aroc d e M. B ein , M. b ien fo n d é de se s désirs. L e co n g rès esTajouri, d é lé g u é au M aroc de l'A llian ce Isra élite U n iv erselle. A u x d é lé g u é s d e p ère q u e l'A d m in istra tio n vou d ra b ien r e ­
quatorze v ille s du M aroc s'étalen t jo in ts le s rep résen tan ts d es E claireurs Isra élites ce voir u n e d élég a tio n q u i lu i ex p o sera les
Je F ran ce (section M aroc) et de l'A ssociation C harles N etter. M. B en sou ssan , p ré- raison s m ilita n t e n fa v eu r d'u ne jeu n esse
iid en t de l'association d e C asablanca rece v a it très aim ab lem en t le s p erso n n a lités ju iv e u n ifiée e t lég a lem en t co n stitu é e >,
in v itées, ain si q u e le s d iverses d élégation s.
Le congrès procède ensuite à rélecüon
M. Ayouche Cohen, secrétaire général *e 'daIOC •
participation à la création de son nouveau comité, qui est ainsi
ie la Fédération, en ouvrant' la séance, des * Amitiés Marocaines » dont le secré- constitué :
exprima l’espoir de voir sortir de cette taire général est M. Félix Nataf, etc...
Président : Lazare Conquy (Rabat);
journée de travail un programme pratique
Alfonso Sabah ajoute ensuite que si Vice-présidents ; Benarroch Isaac
utile qui relèverait la jeunesse juive
*a première année fut celle de l’établisse- (Port-Lyautey), Maïmaran (Mazagan) ;
M. Alfonso Sabah, commissaire à la jeu- ment de foyers de jeunesse et de stades Secrétaire général : Bensousson Albert,
nesse donna ensuite lecture de
son e’
deuxième celle du lancement des (Casablanca) ;
apport moral et du compte-rendu des mouvemer>ts de jeunesse et du travail so- Secrétaire général adjoint Halioua Isaac
activités de la Fédération au cours des c*a^ populaire, aujourd’hui une organisa- (Salé) ;
années 1949-1951 :
«°n «
ète de techniciens, matériel, Trésoriers généraux : Moréno Fortuné
Les camps de vacance où purent être
x f. central .etc... est sur pied. (Casablanca), Amar David (Port-Lyauenvoyés pendant trois semaines 4.000 en La Fédération existe pour de bon, elle a tey) ;
ants juifs, sous l’égide du Service de la pu manlPuier, distribuer et utiliser des
jeunesse et des Sports ; les Unités popu- dizaines de millions. Charles Neter et les
aires, groupes d’enfants pauvres recrutés
qui sont venus à la fédération en
lans les mellahs, confiés à des chefs et vue d a'dGr au rapprochement de la jeu,-heftaines E.I.F. ou de Charles Netter, nesse Juive et à son évolution ne particisuivis, habillés, inscrits dans une école, P611*' cette année au congrès qu’en inviinitiés à la joie des « sorties », relevés ^(s e* ne prennent pas part aux débats,
physiquement et moralement ; cours de Cependant, conclut M. Sabah, « L es p eriormation de cadres ; commission cultu- sonnes 1 ui v o u s q u itten t c e tte a n n ée co n ­
cile, cercles d’études, chorale, bibliothè- *in u eron l à v o u s aid er dans la m esu re où
ques, etc... ; création à Beni-Mellal, Kas- vous
d em and erez. Ce faisan t, e lle s au
bah-Tadla et Ouezzane de trois nouvelles Iont coiu icien ce d e servir la jeu n e sse jui
associations d’anciens élèves ; continuité ve. el c‘esl là ju stem en t q u e résid e la
du journal « N oar », seul journal juif mission l u e n ou s n ou s som m es assign és
Indépendant au Maroc qui a contribué e*. pour la q u elle n ou s som m es p rêts à
aux activités de la fédération ; représen- n imporle qu6i agacement d e n otre p ertations théâtrales dans plusieurs villes ; SOPnalilé’ *
en sports, mise sur pied d’une véritable
pr s
Sabah, M. Jacques Cohen, tréigue sportive juive et nombreuses com- s°ner’ donne le compte rendu financier
pétitions
de cet exercice et M. Benarrosh donne
M. Alfonso Sabah rappelle ensuite que ]ecture dun rapport financier. M. Cohen
-'administration du Protectorat s’est re- ,, , ,une ^ettre de 1 A.J.D.C. félicitant la
fusée à accepter la transformation de la fedératlon pour la bonne tenue de ses 11Fédération d’Anciens Elèves en une fédé- Vr.ea comPta les.
ration plus étendue comprenant les as.’ ajouri, délégué de 1 A.I.U., après
ociations juives légalement constituées, aV°ir adresse une Pensée émue au fonen vue d’un meilleur rendement dans le df aUr dU cercle de rAniance' M. Benatar,
travail par une centralisation rationnelle 6C are ’ * < ”e qui irnPorte, c est la consdes activités. Aussi la fédération des A.A. J.16" 0®. que nous devons tous collaborer.
E.A.I.U. et de la jeunesse juive dut-elle 11 *adt qUe la Jeunesse sache du'elle doit
reprendre sa formule restrictive de Fédé- collaborer aux Problèmes qui lui sont
ration des A.A.E.A.I.U. exclusivement. Ce plopres’ Je suis heureux de constater
changement survint au moment où les 1 existe”af d une j^nesse mûre. La jeupréoccupations de la fédération allaient " f3? d Prendre la part de ses risques
Assesseurs : Sarfati Nissim (Meknès)
Amar Raphaël (Meknès) ; Aflalo Isaac
(Fès) ; Ghnassia Himy (Salé).
NOUVEAUX ETAB LISSEM EN TS
POUR NOTRE JEU N ES S E
Nos lecteurs connaissent déjà l’éco- donnés car le nombre de demandes
le a apprentissage de l’ORT qui fonc- d’inscription est, on s’en doute toutionne à Am-Sebaa. C’est une école jours de beaucoup supérieur aux pospour garçons. Jusqu’ici, l’apprentissa- sibilités d’admission. Toutefois, ces lo­
ge pour les filles avait dû se canton- eaux seront désormais réservés à des
ner dans les précaires locaux de la cours préparatoires pour fillettes de 9
rue Malherbe. Mais la nécessité de à 13 ans.
C *?i]ne'î 1111 m^*er ,aux fillettes juives
C’est après avoir subi un test d’on étant pas moins impérieuse que cel- rientation professionnelle que les élè*?„.
_e donner aux garçons, l'ORT ves seront dirigées vers telle ou telle
Alliance, depuis longtemps, se préoc- spécialisation à l’école d’Anfa. A leur
cupait de créer un local approprié, sortie, elles seront pourvues, après exaAujourdhui, cest chose faite.
men, du certificat d ’études professionA Anfa, un beau bâtiment vient d’ê- nelles et auront un emploi immédiatre terminé, qui servira d’externat à tement assuré.
cinq cents fillettes. Celles-ci vont y
Signalons en outre que les dirigeants
recevoir, outre l’enseignement général espèrent pouvoir par la suite dévelopassure par 1 Alliance Israélite, un en- per cette école et en faire un internat
seignement technique qui incombe à et signalons aussi que, à peine cette
1 ORT et qui comporte : arts ménagers, école entrée en fonctions, l’ORT se
puériculture, couture, coupe, broderie, préoccupera de créer une école pro­
confection, etc... L’école sera dirigée fessionnelle pour filles et garçons à
par Mme Saint-Avit qui, pendant 3 Marrakech.
ans, dirigea une école professionnelle
Nous ne saurions dire assez combien
de filles à Bagdad et fit partie du nous applaudissons à cette entreprise,
jury du meilleur ouvrier de France.
et plus particulièrement en apprenant
Les fillettes sont admises à l’école ûue l’école d’Anfa a été construite unià partir de l’âge de 13 ans et y sui- quement grâce à des contributions cavront 3 années de classe chacune, dans sablancaises. Pas un sou étranger n ’y
une site agréable et vivifiant, et dans a été investi. C’est le signe heureux
le confort, enfin, d’installations appro- d’une prise de conscience, comme en
priées. Les étroits locaux de la rue Ma- est un autre le fait que, à l’école de
lherbe ne seront pas pour autant aban- garçons de l’ORT en voit actuellement
aux questions marocaines. Or. « la jeu - f de S6S resPonsaMités et. à travers les
n esse ju iv e - dira M. Sabah - n e p eu t ^ ndances et les diversités rester unie. ,
rester étran gère a u x p rob lèm es de l ’h eu re
q u i affecten t n a tu rellem en t l'aven ir Juif m a­
rocain. E lle a son m o i à d ire, le m om en t
Tajouri apporte également le salut
fraternel de la part de M. Jules Braunschvig, vice-président de l’A.I.U.
v en u e u e sau ra le dire a v ec m esu re e l
“ T ’ Behatar dans une allocution très
logiq u e. »
applaudie rappelle les temps difficiles de
la fédération et les difficultés qui, ces derLe rapportée M. Sabah cite encore : niers temps, ont empêché l’unité de la
Le travail de solidarité réalisé par le Jeunesse’ unité qui doit être réalisée.
Comité de la Fédération, lors des inonda- M’ Senouf exprime son admiration et
tions de Sefrou où fut installé un camp sa 6ratitude pour l’Alliance. Il souhaite
pour venir en aide aux sinistrés ; le re- que les Juifs se mêlent davantage à la
fus de l’administration d’autoriser l’envoi vie politique du pays, soutiennent les red’une délégation aux Maccaljiades ; le vendications Juives, se mêlent à l’admichoix du garin des E.I.F., Léo Cohn, en nlstration de la cité.
,, Israël comme aboutissement haloutzique
M’ Bein’ ensuite, vient dire son opinion
f et trait d’union entre Israël, la France et que l œuvre de la jeunesse aurait pu être
meilleure, estimant que les associations
locales de jeunesse manquent de vie et
d’activité. Il souhaite que les associations
deviennent un centre de culture et de
travail.
M. A Sabah répondant à ces diverses
interventions déclare qu’elles confirment
les efforts tentés par le comité et la ligne
de conduite adoptée. Le comité sortant
laisse sa place la tête haute, le nouveau
comité devra s’inspirer des thèmes déve­
loppés par ces personnalités qui représen­
tent le judaïsme.
M. Conquy fait adopter une motion en
faveur de l’Alliance et de M. Thabault,
directeur de l’Instruction publique qui, en
1940-1942 sut adopter une attitude digne.
M. A. Sabah fait ajouter à cette motion
le nom de l’A.J.D.C., qui est aussi remer­
ciée.
Après avoir pris une collation, les dé­
légués reprennent le travail et au cours
de l’après-midi, discutent de la formule
même de la Fédération. Le congrès dé­
cide d’adresser à ce sujet au Résident gé­
néral le télégramme suivant :
« Le con grès d es A ssociation s d es A n ­
cien s E lèv es de l'A .I.U . rep résen tant q u a­
torze association s d e jeu n esse ju iv e du
M aroc regrette le refu s de l'A d m in istraLa nouvelle équipe du Comité de la Communauté
C om m ent les logements de l’H a b ita t Israélite
seront-ils répartis ?
Nous avons déjà parlé dans nos co- ditions d’hygiène auxquelles est soulonnes des immeubles qui se construi- mise la famille dans son logement pré­
sent pour 1 Habitat israélite à Casa- sent, etc..., chaque candidat se voit atblanca et qui seront au nombre de 8. tribuer un certain nombre de points
Cinq d entre eux sont très avancés et S’il s’en trouvait, au moment du poinon compte qu’ils seront prêts en jan- tage, qui seraient ex-aequo, ce sera
alors le tirage au sort qui permettrait
Nous nous sommes inquiétés de sa- d’attribuer le logement
voir comment les nouveaux logements
H y aura donc par conséquent un
vont être distribués. Nous nous som- contrôle et c’est sur la base de cette
mes adressés à la Communauté qui classification par points c’est-à-dire
nous a expliqué qu’aucune décision n ’a en définitive par urgence, classification
encore été prise.
établie par la Communauté, que se feCes logements, en effet, appartien- ra la répartition
nent à l’Administration et c’est celleIl est évident que les huit immeubles
ci qui fera la répartition avec le con- prévus, qui totaliseront 160 appartecours des membres du Comité de la ments, ne sont, devant le nombre de
Communauté.
mal logés ou non logés, qu’une goutte
Pour 1 instant, les demandes sont re- d’eau dans la mer.
à la Commuçues et, aussitôt, des enquêtes serrées nauté, on espère fermement qu’un milsont entreprises par la Communauté lier de nouveaux logements seront mis
pour juger de la situation actuelle des en chantier en 1952.
postulants. En se basant sur le nomNous faisons tous nos voeux nom­
bre d’enfants, par exemple sur les con- que cet espoir ne soit pas démenti
La campagne entamée par « Noar »
Pour l’homme qui voudrait prendre
pour la constitution de notre futur cette question en mains, sa mission
comité de communauté, bien qu’elle consisterait à :
n ’ait pas encore donné le résultat que
1° Former un comité d’action provil’on en attend, n ’est pas moins un soire dont la mission serait d’établir
fait que beaucoup commentent. La ma- la liste des personnalités à présenter
jorité de nos concitoyens se demande aux futures élections communales et de
avec anxiété si on va enfin tenter de veiller à tout ce qui aura trait à la
doter notre communauté de l’équipe bonne marche de celles-ci ;
digne d’elle. On se rend parfaitement
2° Faire appel aux personnes dont
compte aujourd’hui que des comités le travail accompli dans le comité sorsans homogénité où dix-huit membres tant a été unanimement apprécié et
sur vingt ne figurent que pour la for- les inviter à faire partie de la noume, ne peuvent guère rendre les ser- velle équipe. Il est même nécessaire
vices qu’on est en droit d’attendre que ces personnes aient à conserver
d’eux.
les rangs et les prérogatives dont elles
Loin de nous l’idée de dénigrer le bénéficiaient dans le comité sortant ;
travail accompli par certains membres
3° Prévoir une formule de vote spédu comité sortant, mais ce n’est un ciale à l’intention des électeurs illetsecret pour personne que ceux qui m et- très, de manière à leur éviter tout vote
tent la main à la pâte ne sont pas effectué dans l’ignorance ou sous le.
20, ne sont pas 10, ne sont même pas pression d’agents électoraux à la solde
5 ; ils sont peut-être 2 ou 3 qui n ’hé- de certains candidats ;
sitent pas à reconnaître que tous
4° Obtenir que les Juifs non-Maroleurs collègues ne forment dans leur cains, s’ils ne sont pas éligibles, aient
comité que des figurants dont on a eu tout au moins le droit de voter. Le
besoin pour compléter le nombre exi- bon sens même veut qu’un Juif non
gé par le règlement.
Marocain, intéressé au même titre que
Il est à peine besoin de souligner les autres à la bonne marche d’une
que tout cela doit forcément changer, communauté, dont il fait intégraleUne communauté aussi importante que ment partie, puisse bénéficier de la
celle de Casablanca ne peut continuer faculté d’exprimer son choix des memd’être la risée des autres villes du Ma- bres appelés à le diriger
roc qui s’étonnent de la situation laEnfin> Von sait q u eles électeUrs de
1 ” “Ws faite a la grande cité
Casablanca n ’ont jamais dépassé le
L idee d une équipe cohérente a la nombre de 400. Nous pensons que, par
tête de notre communauté étant lan­
cée — et ce sera le mérite de notre
un travail préparatoire, le nombre des
électeurs pourrait atteindre 5.000. Il
•journal d avoir signalé cette nécessi- sufflTait pour cela qu,Qn jasse com_
té - u s agit maintenant de trouver prendre à chacun son devoir. Qu.on
v l T m oe t
T ? °nte ? Ul T a ne dlse Pas Que 1“ Propagande est inl honneur de réaliser cette initiative. terdn alQrs
,eUe se m dans tQU
Dans sa tâche celui qui prendra la tes les autres vüles du Maroc Pour
chose en mains trouvera devant lui un parvenir à un, grand nombre d> élec.
terrain tout préparé, puisque la gran- teurs> ü ne sauraü être question de
de majorité de nos concitoyens auront voir le bureau de vote .
confinar
a coeur de se joindre immédiatement au seul local de la rue l acépède_ où
f our le seconder dans ses ef- peut se rendre une certaine catégorie
m, ■ ' Lü j communauté de Casablanca Sélecteurs seulement. La communauté
Tn-t T / S7
en, n° mbre. prèj de la juive de Casablanca ne peut d’ailleurs
moitié de la population juive du pays, être mise sur le méme pied que celle
ne pourra efficacement remplir son ro- SAzemmour ou de Settat. A notre avis
% 6 a
Sa ï ete ri6** peT7 trois bureaux de vote, judicieusement
sonnalités de premier plan. Cette vé- ré tis en vill
sont indispensabies
Z L 6
se™ n l stj9 ™ rée de per- si Von veut
nos concitoyens Jui/l
sonne, et il suffirait de la mettre en soient encouragés à y prendre part
pratique pour que la masse ouvre les c>esi seulement grâce à ce moyen que
yeux, se pénètre de son intérêt et ré- la population juive de Casablanca,
ponde comme il convient à la pression dans sa
de majorité> sera en état
T - SUT elJ eP % Z “ ? rl9Uer. deSf lT S’ J T S aVT T W elle aura choisies pour la diriger,
la moindre notion de la tache a la­
quelle ils désirent être appelés. Qu’on
T/n fait èst désormais établi : c’est
ne leur dise pas surtout que l’élite Ie désir de tous de voir notre comisraélite de Casablanca n ’est composée munauté tenir dignement le rang qui
que de Juifs étrangers. Cet argument lu* convient. Nous avons souvent engu'on essaye de faire valoir poiéf les tendu parler de notre communauté en
besoins de la cause, ne s’inspire nul- termes désobligeants ; nous avons soulement de l’intérêt général.
vent entendu dire que Casablanca n’a
Certes, on sera en présence de cerles Juifs qu’elle mérite,
tains candidats qui n ’ont nulle envie
Nous devrions aujourd'hui nous rede voir arriver au comité des notabi- connaître tous coupables de cette lalités connues ; mais l’électeur qui, lui, mentable situation et nous mettre imconnait le fond des choses, saura en médiatement à la tâche qui nous atdernier lieu faire son choix.
tend, sans plus d’hésitation.
des familles de petite bourgeoisie sol­
liciter l’inscription de leurs enfants
alors que jusqu’à présent n ’aspiraient
à la qualification professionnelle que
les enfants des familles les plus pau­
vres.
L’oeuvre entreprise par l’ORT répond
à une nécessité urgente dans ce pays.
CEN TRE FIN Z I
Nous avons déjà parlé à nos lec­
teurs du Centre Charles-Finzi, que M,
Z. Schulmann faisait bâtir au 147 du
boulevard des Régiments-Coloniaux,
non loin de l’école de Talmud Thora.
Ce Centre est actuellement terminé et
l’inauguration officielle en aura lieu
prochainement. Conçu pour servir à
la fois de local à un certain nombre
d’Œuvres juives et de foyer culturel
pour les jeunes, le Centre Finzi fonc­
tionne déjà sous ce deuxième aspect,
puisque des cours d’hébreu, d’histoire
juive, ainsi que des cours de danses
at chants folkloriques pour jeunes
?ens et jeunes filles âgés de plus de
iix ans ont commencé sous la direc­
tion d’un « challiah » (éducateur). Ces
:ours sont donnés le soir de 6 à 8 h.
linsi que le jeudi et le dimanche. Les
inscriptions s’y font tous les jours,
sauf samedi et dimanche, de 16 à 18 h.
Nul doute que ces cours connaîtront
beaucoup de succès et qu’ils contri­
bueront, dans leur domaine, à- l’œu­
vre entreprise de relèvement du niveau
culturel des jeunes juifs du Maroc.
(LIRE LA SUITE EN PAGE 4)
H A N O U K A
La fête de Hanoucca, fut à l’origine une
fête populaire, la fête de la libération du
byer national par Juda Macchabée. Elle
se déroula comme toute inauguration d’un
nouveau foyer : huit jours de réjouisan3es et de fêtes.
Le premier jour eut lieu une longue
procession qui se dirigea vers le temple,
:>ù l’on vit défiler les prêtres, les lévites,
les choeurs, les militaires de l’armée de
luda Macchabée. On portait des joncs et
les tiges de palmiers comme à Souccoth
et dans le temple on fit brûler de l’huile
pure et l’on alluma des torches pour at­
tester que Dieu avait envoyé la lumière
ur son peuple. Aussi la fête reçut-elle à
l’origine le nom de « fête de Souccoth
lu mois de kislev ».
Les générations suivantes délaissèrent
la coutume des tiges de palmiers qui
réait une confusion et n’appelèrent plus
la fête de Hanoucca que < la fête des
lumières ». On allumait des bougies en
public et on les exposait aux fenêtres,
tant dans les maisons particulières que
dans les synagogues et les endroits pu­
blics. Les textes disent : « Une bougie
par maison, et ceux qui désirent plus
d’éclat allument une bougie pour chaque
habitant de la maison... Certains veulent
qu’on allume le 1er jour 8 bougies et
qu’on diminue graduellement leur nom­
bre. D’autres préconisent le contraire. »
La fête subit de nouvelles modifications
(LIRE LA SUITE EN PAGE 3)
 

Noar. N° 43 (15 décembre 1951) - 1/4

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