4* A linéa — N° 7
10 FRANCS
10 JUILLET 1946
Rédaction — Administration
Publicité

29, rue Saint-Lazare
PARIS
t y
Directeur : R. GRINBERG
meme
h e v ü E Me n s u e l l e joie jc tk .
]EnÊ]mÉ:]R.IS.TXOM D Ë S O C IÉ T É S JTUJLVJES ]D > ]E F K Ü N C E
Q u a n d M ê m e
a paru
clandestinem ent
depuis
D écem b re 1943
NOS PROBLÈMES
«LES INFILTRES»
ANS Combat du 27 juin, M.
Serge Karsky publie un arti­
cle dont le titre seul est un
avertissement : « Les Juifs
de Slovaquie n’ont quun souci : fuir
le pays où sévit l'antisémitisme ».
Dans la Voix Sioniste du 13 juin, M.
Ben-Avigdor lance un S.O.S. : « Dan­
ger de mort pour les Juifs en Polo­
gne ».
Sans être aussi catastrophique qu'en
Slovaquie et en Pologne, la situation
des Juifs en Hongrie et en Roumanie
inspire de graves inquiétudes pour le
sort de nos « survivants » dans ces
deux pays.
L’on sait par ailleurs que les com­
munautés juives dans les quatre pays
sus-nommés étaient, avant la guerre,
les plus nombreuses dans P Est de l’Eu­
rope (U.R.S.S. non comprise) , avec un
total de plus de cinq millions de Juifs.
Après les massacres que les occupants
hitlériens et les « vichyssois » autoch­
tones avaient opérés parmi les Juifs,
le nombre de ces derniers est tombé
à deux cent mille environ en Pologne
(y compris les cent vingt mille rapatriés
de l’U.R.S.S.) ; trente mille en Slova­
quie ; cent cinquante mille en Hongrie
et trois cent mille en Roumanie ; donc,
pour l’ensemble des pays en question,
six cent quatre-vingt mille, soit à peine
treize pour cent de leur nombre
d'avant-guerre... Et c’est ce maigre
« solde » de notre « bilan démogra­
phique » qui est menacé de fondre
dans F atmosphère étouffante des pays
libérés par les Etats démocratiques.
Et c’est pour fuir celte atmosphère
que les Juifs de Pologne et de Slovaquie
s’ingénient à déjouer tous les obstacles
dont est hérissé leur chemin d’exode
et s’exposent aux dangers inhérents au
passage clandestin des frontières.
La notion de bonheur étant, somme
toute, une valeur relative, les Juifs de
Pologne et de Slovaquie se dirigent
vers VAllemagne, dans la zone occupée
par les Américains, avec Vespoir d’y
être admis dans les camps de « dé­
placés »...
Or, les autorités américaines veillent
jalousement sur ce paradis terrestre
dont elles ont la garde. N’entre pas qui
veut dans un camp de « déplacés » !
Et une consigne sévère est donnée à
l’U.N.R.R.A., qui a la charge des inter­
nés des camps, d’empêcher les Juifs
« infiltrés » (c’est le nouveau terme
dont s’est enrichi le vocabulaire du
martyrologe juif ) de pénétrer dans ces
camps.
Il serait vain, certes, de maugréer
contre les Démocraties qui ont trahi
l’espoir que nous avions mis en elles,
lorsque, avec tous les peuples oppri­
més, nous saignions sous la botte hitlé­
rienne. Par ailleurs, nous savons fort
bien que la déception n’est pas unique­
ment un état d’âme juif et que d’autres
que nous constatent avec amertume
combien grande est la différence entre
les « rêves » sous l’occupation et les
« réalités » apres la libération.
Il est cependant de notre devoir de
nous rendre conscients nous-mêmes de
notre situation dans le monde libéré.
Il importe de nous dégager de cet
état d’euphorie dans lequel nous nous
trouvions tout de suite après la libéra­
tion et que cherchent à maintenir en
nous nos « optimistes malgré tout »...
Pensons aux six millions cinq cent
mille Juifs qui ont péri dans l’Europe
de Hitler, mais pensons aussi aux qua­
tre-vingt mille Juifs qui « vivent »
dans les camps de « déplacés » en Alle­
magne, alors que Hitler n’y est plus,
et aux quelques centaines de mille
Juifs qui cherchent à « s’infiltrer »
dans ce paradis !
Peut-être nos méditations sur ce su­
jet nous amèneront-elles à reviser cer­
tains aspects du problème juif et à re­
dresser notre énergie dans le combat
pour notre existence.
Q . M .
»
DRAMATIQUES EVENEMENTS
EN PALESTINE
A l’h e u re où n o u s m e tto n s so u s
p resse, des nouvelles d’une ex cep ­
tio n n elle g ra v ité n ous p a rv ie n ­
n e n t de P a le s tin e . Le H a u t C om ­
m a n d e m e n t b rita n n iq u e v ie n t de
d écla n ch er co ittre les p o p u la tio n s
ju iv e s de P a le s tin e u n e sé rie
d ’o p é ra tio n s de re p ré s a ille s qui,
t a n t p a r la m a n iè re d o n t elles
so n t m enées que p a r les p rin c ip e s
d o n t elles s’in sp ire n t, fe ro n t c ru e l­
le m e n t s e n tir a u x J u ifs du m onde
e n tie r que, b ie n qeu H itle r so it
m o rt, le peu p le ju if a en co re à
CHANGEMENT D'ADRESSE
Nous avons l'honneur
d'informer
nos
lecteurs
abonnés et amis aue la Ré­
daction et l'Administration
de notre journal sont trans­
férés, 29, rue St-Lazare dans
les nouveaux locaux de la
Fédération des Sociétés Jui­
ves de France.
lu tte r d é se sp é ré m e n t p o u r son
d ro it à la vie.
T el-A v iv e t J é ru s a le m o n t é té
le th é â tr e d ’a c tio n s, d o n t le
m o in s q u ’on p u isse d ire c’e st
q u ’elles ra p p e lle n t é tra n g e m e n t
celles d es n a z is a u x p lu s b e a u x
te m p s de la « c h asse a u x J u ifs ».
De g ro sse s fo rc e s a rm é e s, s o u te ­
n u es p a r des b lin d és, o n t occupé
les p o in ts n é v ra lg iq u e s d es d eux
villes, b a r r é les ru e s e t fo u illé les
m aiso n s. U n m illie r de p erso n n e e s
o n t d é jà é té a rrê té e s , p a rm i le s­
q u e lle s on co m p te MM. S h e rto k ,
d ire c te u r p o litiq u e de l’A g en ce
Ju iv e , le ra b in F is h a m n e t X.
G rin b a u m , m e m b re s de l’A gence
Ju iv e . E nfin, les lo cau x de n o tre
c o n frè re « D a v a r » o n t é té fo u illés
e t sa c c a g é s .
E n ce jo u r, où P a ris , d a n s la
d o u leu r e t le re c u e ille m e n t, con­
d u it en le u r d e rn ie r sé jo u r les
q u elq u es c e n d re s ra m e n é e s d ’A us­
c h w itz e t qui re p ré s e n te n t to u t
ce qui n o u s re s te de nos m illio n s
de m a r ty rs , m a r ty r s d o n t le sou­
v e n ir e s t p lu s v iv a n t que ja m a is
d a n s nos c œ u rs, il n ous e s t tro p
p én ib le d ’a v o ir à c o m m e n te r l’in ­
q u alifia b le a ttitu d e de l’A n g le­
te rre ...
C e p e n d a n t, il n ’e s t p a s dou­
te u x que ces é v é n e m e n ts a u ro n t
de g ra v e s ré p e rc u ssio n s in te r n a ­
tio n ales...
E n
A m ériq u e,
des
m e e tin g s m o n s tre s o n t lieu au
co u rs desq u els l’a ttitu d e de l’A n­
g le te rr e e s t d ’a u ta n t p lu s v iv e­
m e n t s tig m a tis é e que les d e rn ie rs
échos du d isco u rs de M. B evin ne
se so n t p a s en co re a p a isé s. E n
Ita lie , la c o m m u n a u té Ju iv e e n ­
v isa g e u n e g rè v e d e so lid a rité . E n
F ra n c e , une g ra n d e m a n ife s ta tio n
de p ro te s ta tio n a eu lieu sa lle de
la M u tu a lité où des m illie rs de
J u ifs so n t v e n u s s 'é le v e r c o n tre
le m o n stru e u x a t t e n t a t d o n t so n t
v ic tim e s nos frè re s d ’E r e tz Is ra ë l.
Au co u rs de c e tte m a n ife s ta tio n
o n t p ris n o ta m m e n t la p a ro le MM.
B en G urion, J a r b lu m e t B ’ .um el.
E nfin, le C o m ité E x é c u tif du C on­
g rè s J u if M ondial a a d o p té u n e
ré so lu tio n p a r laq u elle elle p ro ­
te s te é n e rg iq u e m e n t co n tre l’a c ­
te d ’a g re s sio n d o n t o n t é té v ic ti­
m es les m em b re s du C om ité E x é ­
c u tif de l’A.gence1 J u iv e p o u r la
P a le s tin e .
Le Rôle de l’Hébreu moderne
dans la résurrection spirituelle
du Judaïsme
IME COUFÊREIICE
DE MARC JARBLUM
CLOTURE la SESSION
DU COMITE CENTRAL
DE LA F. S. J. F.
Il est devenu un lieu com­
mun d’affirmer que les desti­
nées du peuplajiuif sont un
phénomène unique' dans l’his­
toire de l’humanité, que sa re­
naissance périodique, après
tant de catastrophes qui se
sont abattues sur lui, tient du
miracle et n’a pas d’explication
logique.
L’énigme de sa persistance
à travers les vicissitudes de
son histoire n’a pas été réso­
lue d’une façon définitive mal­
gré toutes les tentatives qui ont
été faites dans ce domaine.
Il existe pourtant un fait dans
l’histoire juive qui pourrait
nous expliquer pas mal de ses
particularités et qui, à notre
avis, n’a pas été suffisamment
mis en valeur par les histo­
riens.
Ce fait est le suivant : le
peuple juif fut le premier parmi
les peuples du monde entier à
introduire chez lui l’instruction
obligcitoje
; du_
moins de sëweiiKÇïts males.
Ce fait eut pour conséquence
qu’au début du moyen âge, au
moment de la formation de
l’Europe moderne, le peuple
juif fut le seul à n'avoir pres­
que pas d'illettrés, mais à
compter au contraire parmi ses
membres une grande quantité
de gens qui savaient lire et
écrire et, de ce fait, pouvaient
fournir aux Etats naissants des
« clercs », dans le sens le plus
large du mot, c'est-à-dire des
hommes d'Etat, des financiers,
des fonctionnaires, des agents
commerciaux, etc. Ceci expli­
que d'une part la position pri­
vilégiée des Juifs auprès de
certains rois et. d'autre part,
le développement de l'antisé­
mitisme aussi bien chez le
clergé et les clercs, pour les­
quels les Juifs étaient des con­
currents, que chez le peuple,
pour lequel un fonctionnaire
est la personnification de tout
ce qu'il y a de vexatoire et de
gênant dans un Etat.
Le rôle des Juifs, dans le
développement des échanges
commerciaux, est bien connu
et a pour origine non seule­
ment le fait de la dispersion
des Juifs, mais, principalement,
la facilité qu'ils avaient à pou­
voir correspondre avec leurs
correligionnaires sachant écri­
re et employant une langue
commune dans leur correspon­
dance commerciale. Une insti­
tution du XI0 siècle, le fameux
« Merem » de Rabbi Guerschon, l'interdiction, sous peine
d'excommunication, de déca­
cheter les lettres sans la per­
mission du destinataire, qui
avait pour but de defendre le
secret de la correspondance
commerciale, nous fait voir
l'importance qu'elle avait prise
déjà à cette epoque.
Dans quelle langue se fai­
sait donc cette correspondance
commerciale Pour etre com­
prise de tous les Juifs ? Bien
entendu, elle se faisait en hé­
breu. Le peuple iuif avait con­
servé ses attaches avec cette
langue, même après avoir
quitté la Palestine, et l'em­
ployait non seulement pour les
prières et l'étude de la Loi,
mais aussi dans le domaine
laïque de la correspondance
privée.
Il est à remarquer que cette
habitude d'écrire des lettres en
hébreu était presque générale
chez les Juifs de l'Est européen
encore à la fin du XIXe siècle.
Même ceux parmi les Juifs qui
ne connaissaient plus l'hébreu,
comme la majorité des fem­
mes, se sentaient obligés de
commencer leurs lettres et de
les terminer par une formule
en hébreu.
Le résultat était que l'hébreu
lie mourut pas complètement,
et il serait faux de le considé----------- p a r ----------J. FINK
rer comme une langue morte
ressuscitée artificiellement.
C'est pourquoi il fut relative­
ment aisé de le rendre tout à
fait vivant, c'est-à-dire d'en
îairo une langue parlée et uti­
lisée dans la vie de tous les
jours.
D'un autre côté, l'usage de
l'hébreu comme une langue
parlée n'a jamais complète­
ment disparu. Sans parler déjà
de ces originaux qui, en Li­
thuanie, par exemple, ne se
servaient que de l'hébreu le
jour de Sabbat, pour ne pas
prononcer ce jour-là de paro­
les profanes, il existait, en
Palestine, encore au milieu du
siècle dernier, une petite com­
munauté de Juifs qui faisaient
de l'hébreu un usage quoti­
dien; c'étaient les Juifs qui y
venaient pour finir leurs jours
sur la Terre Sainte ou pour y
étudier dans les YesChiboth.
Venant de tous les coins du
monde, ils étaient forcés d'em­
ployer l'hébreu pour se faire
comprendre entre eux. Leurs
émissaires, crui allaient dans
la Diaspora, il n'y a pas long­
temps encore, pour faire la
quête pour tout ce monde sans
ressources, ne parlaient que
l'hébreu.
Quand Ben-Yehouda, le vé­
ritable protagoniste de l'hébreu
parlé, décida d'y consacrer sa
vie, il partit pour la Palestine,
étant persuadé, a juste raison,
d'y trouver une ambiance pro­
pice. L'initiative de Ben-Yehou­
da coïncida avec le dévelop­
pement du mouvement natio­
nal juif et y trouva un appui
considérable. L'intensification
de l'immigration sioniste en
Palestine y amena non seule­
ment des pionniers pour défri­
cher le sol, mais aussi d ar-dents propagateurs de l'hé­
breu. Les jeunes gens qui^ y
venaient dans le but de créer
une vie nouvelle pour eux-memes et pour le peuple tout
entier se débarrassaient de
toutes les habitudes acquises
dans le Diaspora et abandon­
naient les differentes langues
ou dialectes dont ils se ser­
vaient auparavant. Leurs ef­
forts portèrent des fruits rapi­
des, et nous avons déià main­
tenant toute une génération
élevée dans l'hébreu et pour
beaucoup, parmi les jeunes
Palestiniens, l'hébreu est la
seule langue qu ils ^connais­
sent. On remarque même que
l'hébreu de la rue commence
à influer sur la langue litté­
raire et que des argots, sco­
laires et autres, commencent
à se former dans le pays.
Cette brève excursion histo­
rique a pour but de faire voir
le naturel et la facilité avec
lesquels s'opéra la transforma­
tion de l'hébreu écrit en une
langue vivante, dans le plein
sens du mot.
Il est inutile de souligner
combien le fait de parler et
penser hébreu exerce une in­
fluence décisive sur l'orienta­
tion spirituelle de toute cette
jeunesse, les attache d'une fa­
çon indissoluble avec les sour­
ces du Judaïsme, même si
leurs connaissances dans ce
domaine restent superficielles.
Que la connaissance de la
langue soit nécessaire pour
pénétrer dans l'esprit d'une
culture, cela est indiscutable.
C'est pour cette raison qu'on
donne une si large place à
l'étude du grec et du latin dans
nos écoles, même modernes ;
el cela est encore plus vala­
ble pour les langues vivantes.
Le génie d'un peuple se ma­
nifeste dans le génie de sa
langue.
(Suite page 2.)
Ponr c'ôtnrer la session du Co­
m ité central e t du Conseil fédé­
ral de la Fédération, un thé
d’honneur a eu lieu, sous la pré­
sidence 'de M. Justin Godart,
dans les salons de l’H ôtel Lu­
tétia .

A la ta b le d’honneur, ont pris
place : MM. le professeur H adamard, le président de la Commis­
sion des A ffa ires E tran gères de
la C onstituante, Salom on Grnmbach ; le président du C R.I.F.,
Léon M eiss, un représentant du
m inistère des A ffaires E trangè­
res, Bonaurd ; ’MM. Locker, de
l’E x écu tif de l’A gen ce Juive ;
André Blum el, e t d’autres person­
n a lités du monde politique.

D evan t une sa lle com ble, après
un chaleureux discours de M. Jus­
tin Godart, le président Jarblum
a fa it un m ag istra l exposé sur
son v o v a g e en P alestin e, qui a
fa it une grosse im pression su r
l ’a ssistan ee.
N os lecteurs trouveront en p age
6 le tex te partiel de la con fé­
rence de M. M arc Jarblum .
DFS VACANCES POUR NOS ENFANTS
LA C A M P A G N E
de P
Sous l ’égide de la F.S.J.F., les
organ isation s sou ssign ées ont en­
trepris la réalisation d’un pro­
gram m e d’envoi en Coloniees de
V acances de 2.000 en fan ts ju ifs.
C ette année, nous voulons don­
ner à nos Colonies de V acances
une am pleur particulière.
Mais, sans vous, nous ne pour­
rions réussir, e t il fa u t que nous
réussissions.
D éjà, dans les conditions nor­
m ales, est-il de plus passionnante
et salu taire entreprise que les
Colonies de V acances, cet ap­
p ren tissage dans les loisirs e t
les jeux de la solid arité so­
ciale ?
Mais, cette année, il s’a g it de
quelque chose de plus im portant,
il s ’a g it d’achever la longue cure
de ren aissan ce de cen tain es d’en­
fa n t com m encée il y a deux ans
bientôt et de consacrer leur sau ­
v eta g e e t leur libération dans la
d étente et la joie.
V aus savez de quelle enfance
nous parlons. De ces en fan ts qui,
pendant plus de quatre ans, ont
perdu lenr enfance e t qui ont été
pourchassés par la férocité alle­
m ande.
N ous les avons cachés, cam ou­
flés, ou nous les avons fa it passer
hors de F rance. A grand peine,
ils ont échappé. Combien, h élas !
n'ont pu être sauvés.
P s ont vécu com m e ils ont pu,
comm e on a pu. M ais trop sou­
vent leurs a tta ch es de fam ille, de
religion, d’éducation juive ont été
rompues.
Nous avons eu du m al à les re­
prendre. Leurs études scolaires
sont restées incom p'ètes, parfois
ils les ont entièrem ent abandon­
nées. L ’alarm e perpétuelle, le dépavsem ent ont fau ssé ou tari
leurs prédispositions naturelles.
Ce mal moral s’est com pliqué de
déperditions physiologiques. De
plus, nombre de ces en fan ts sont
à précent orphelins ; au m ilieu de
que’le m isère ils reprennent goût
à la vie.
v eillé e t devons continuer à v eil­
ler. Le Judaïsm e, ce qu’il en sub­
siste sur d’im m enses cim etières, a
besoin d’en fan ts pleins de foi et
de bonheur.
C’est dans les Colonies de V a­
cances, à la fin d e .l ’année sco­
laire, que nous som m es à même
de m esurer si ee qui a été ten té
a abouti.
C ette année, an term e de la
prem ière année de paix, avec quel
désir nous tenons à connaître nos
résu ltats, vous le comprenez. Cha­
que enfant v a nous confier ce qjn’il
est devenu, ce que nous avons su
faire de lui après ta n t d’épreu­
ves m eurtrières.
N os colonies de vacances de
1946 doivent être le couronnement
de la longue période de soins et
de convalescence de cette enfance
torturée. E lles doivent réunir le
plus grand nombre d’enfants possib 'e de tontes provenances, de
toutes conditions, elles doivent
leur procurer le pins de bien-être
possible, et au m ilieu de la va­
riété d’études et de distractions
bien réglées, assurer définitive­
m ent leur rétablissem ent e t leur
épanouissem ent.
Nous avons besoin de vous pour
que l’expérience difficile de re­
dressem ent que nous avons entre­
prise a it sa conclusion favora­
ble.

Grâce à vous, nous voulons nue
l ’on puisse dire que les Colonies
de V acances des E n fan ts Juifs
sont des m odèles et que le Ju­
daïsm e y donne l’exem ple de la
réparation de l ’injustice.
Le Grand R abbin K aplan (les
F oyers d’E n fa n ts),
La Fédération des S ociétés Jui­
ves de France tau nom des 58 A s­
sociation s a ffiliées de la R égion
P arisien n e),
Œ uvre de P rotection de l’E n­
fan ce Juive (O .P.E .J.),
Colonie Scolaire,
Union Populaire Juive (F olk sfarband),
W. I. Z. O.,
Sur tous ces enfants nous avons
 

Quand meme .... Vol. 4 n° 7 (10 juillet 1946) - 1/6

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