ANN6È — N * 2
R éfaction •=* A dm inistration
11, B oalsvard de* Italien*
PARIS

m : RIC. 40-67
D irecteur : R. GRINBERG
ÎO ^ P B A N C S
même/
15 FÉVRIER 1946
S B V :
M E N S U E L L E
D K
L S
JF É D É R Ü T I O N
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J U I V E S
JD>JE JFJR ISlI V O J E
N O S P R O B L È M E S
LA COMMISSION ID'ENQUÉTE
me-minimum la presque totalité du judaïme organisé de France. Dans cet or­
dre d idées, l’intervention des représen­
tants de l’Alliance Israélite Universelle
est d’autant plus significative, qu’elle
fait apparaître le changement considé­
rable qui s’est produit entre l’attitude
envers le problème palestinien après la
guerre de 1914-1918, et son comporte­
ment envers le même problème à l’heu­
re actuelle. M. Meiss a eu raison de dire:
* Le malheur juif est passé parmi nous,
il a fait des ravages. Il nous a appris
beaucoup de choses. »
Seuls sont restés nettement anti-sic
nistes les repris
ciajmtp
Enquêté' pour lui
_
problème des Juifs doit être réglé sur
place » e t que « l’avènement du socia­
lisme, supprimant la cause de l’antisé­
mitisme, doit premettre l’égalité des
droits ». Toutefois, les représentants du
« Bund » ont bien voulu admettre que
les Juifs qui se trouvent en Allemagne
devraient avoir la possibilité d’aller là
où ils le désirent (sans attendre l’avè­
nement du socialisme), et, dans un élan
de magnanimité, M. Raphacl, du Bund,
déclara que « c’est l’obligation de l’hu­
manité de leur donner (aux Juifs d’Alle­
magne) cette possibilité, MEME (souli­
gné par nous) si leur désir est d’aller
en Palestine »...
Q. M.
Quand M e eme
a paru
clandestmem ent
depuis
Décembre 1943
LE SIGNE
SPIRITUELLE
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particulière.
Les quelques 30
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ttvlté e t à
tel objectif
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Üon noudong.
dans une com pétition oti la bonne
volonté e t le souci de l’in té rêt gé­
néral n ’étaie n t pas toujours dé­
term inants, hélas !
Mais les chiffres e t les résul­
ta ts sont là. Ils tém oignent, né­
anm oins, qu’un effo rt considérable
a été accompli.
M algré d’indéniables lacunes,
gardons-nous de dim inuer sa v a­
leur.
L ’organisation de l’assistance
sociale s’est consolidée dans ses
ju g u a it littéralem ent, nous pla­
ça n t dev an t une foule de doulou.
reux et lancinants points d ’inter,
rogation.
Quelle sera la nouvelle compo.
sition dém ographique des commu­
nautés juives d’Europe en géné­
ral e t de la nô tre en particu lier?
Quelles seront nos tâches en
fonction de la nouvelle situation
créée?
À
Quel
a"£té réservé à notre
élite e t dans quelle m esure notre
J
duelles, ni la néo-assim ilation opé­
ra n t sous la bannière chimérique
de la fra te rn ité des peuples tou­
jours différée, ne peuvent nous dé­
courager.
Le cours tourm enté de notre
histoire com porte un enseignem ent
réconfortant.
Le m iracle de la perm anence du
judaïsme, c’e s t l’extrêm e mobilité
avec laquelle l’esprit d’Isra ël as­
sailli, étouffé dans un coin du
globe, rejaillit e t refleurit aussitôt
ailleurs.
Le jeune « Yishùuv » de Palesspoir e t notre
1 pas sous
la it de tro p de
jad is florissants.
Des m illiers de ne
eé«ninés à tra v e rs t |
au h asard de la géné
concitoyens non-juifs, I
n o tre intervention imr
les rendre à un foyer
mille spirituelle, dont
« Le sauvetage p\
tèriel d’abord », tel
dre.
n ts dis.
p e pays,
lté de nos
'atten d aien t
ïdiate pour
et à une fai sont issus.
bique e t ma.
t le m ot d ’orII éclipsait toutes
les a u tre s
préoccupations les P lus légitim es,
les plus essentielles ictères s u t l’a ­
venir de no tre collectivité.
Dè lors les initiatives heureuses
e t d av an tag e encore les im provi­
sations h âtiv es se sont succédées
e t devaient se dé buter ia tâche
R i o d ë s e r - s ’ali
vers ses fonctions normales.
Les bases de l’assitance cons­
tru ctiv e ont été créées e t dévelop­
pées pour occuper la place prédo­
m inante qui lui revient.
On p eu t enfin affirm er que ia
convalescence économique de no.
tre com m unauté est commencée.
Une a u tre raison qui lim itait
singulièrem ent notre activ ité sur
d’a u tre s plans que le tra v a il so­
cial, é ta it l’obsédante incertitude
où nous confinait le trag iq u e e t
vain espoir du reto u r des absents.
L’effra y an t écran de m ystère
qui m asq u ait to u te certitude sur
le so rt de nos déportés nous subD evant ces tragiques altern at!,
ves, la tâche de sauvetage m até­
riel entreprise, si essentielle en
elle-même, a joué comme une di­
version dans l’a tte n te d’un m ira­
cle ou du bilan définitif du dram e.
C’est chose faite aujourd’hui.
S anglant e t effroyable, le péri­
ple est bouclé. P h rase laconique
e t sèche, elle contient to u tes les
données de n o tre avenir. Allonsnous persister dans la contem ­
plation de notre deuil? Non. L’œil
sec e t le cœ ur gonflé de courage,
créons les nouvelles bases de dé­
p art, pour assu rer la pérennité du
judaïsme.
Ni les lâches évasions indiviRETOUR
BAVIERE
Il n'est pas facile de quitter Paris. Souvent, pris du désir
de m'éloigner, de me dépayser, je commençais en pensée
mes préparatifs de voyage, 9t puis, au moment de les met­
tre en exécution, une force invincible m'en retenait. Il en
a toujours été ainsi. Sous l'occupation, exilé malgré moi,
obligé de ma faire à cet éloignement, je crus parfois que
mon attachement s'était émoussé, et je me mettais à songer
è tous les voyages que j'entreprendrai plus tard, après If
libération.
Mais une fois rentré à Paris, l'ancien enchantement me
reprit. Et me voilà de nouveau sédentaire, et ravi de l’être.
Il n'a pas fallu moins d'une invitation pressante du
COMITE CENTRAL DES JUIFS EN BAVIERE pour me dé­
cider de bouger. Je partis dans un étrange état d'esprit.
D'une part, à mesure que le train m'emportait, je ressen­
tais toujours plus fortem ent la puissance des liens qui
m'attachaient à Paris. D'autre part, j'étais ému à l'idée de
voir de mes propres yeux ce reste du judaïsme rescapé
des camps hitlériens, cette SCHERITH-HA-PLEITA, de son
vivant entrée dans la légende.
Dans cet état d'esprit réceptif, les livres que j'em portai
pour lire dans le train me parlaient d'une façon particuliè­
rement insistante. C 'étaient — au hasard des lectures —
un Saint-Exupéry, un Jules Renard. Je les feuilletai cueillant:
ta ntôt une phrase, tantôt une autre. Mais ce n'est qu'en
revenant que je compris combien oas phrases isolées étaient
intimement liées à ce que je venais de vivre.
par Marc JARBLUffl
Le temps m 'était mesuré. Ce n'est pas en chroniqueur
minutieux que j'allais dans l'étrange pays où, à la fois, je
devais voir ce qui subsistait de l'Allemagne hitlérienne et de
ses pires ennemis. Je me sentais plutôt photographe, en
quête d'instantanés, rapides mais décisifs. Quelques rencon­
tres fragmentaires, quelques mots échangés, oresque des
murmures, mais combien chargés de sens. Quel(|Ues visages,
quelques âmes entrevus, mais combien pleins Je significa­
tion.
Justement, aussi bref que fû t ce contact, c'étaient là
ces « dix minutes de l'aviateur » qui, si elles n'ont guère
de poids dans la vie journalière, prennent une lourde signi­
fication à certains moments de la vie. Et cet iu tr* passage
qui soudain me révèle mon champ de vision : « Les yeux
servent de rets où les images s'emprisonnent d'ellesmemes . . . ».
Dans les pages qui suivent, j'aurais voulu pouvoir évoquer
ces images, sans suite, sans analyse logique, mais avec I in­
tensité de toute une vie ramassée dans l'inquiétude, dans
la tension des sensations des dix minutes d'un aviateur mis
à l'épreuve.
C 'é ta it un train comme il en circule quotidiennement des
dizaines entre Paris et la zone d'occupation américaine, train
de militaires où, seul civil, je me trouvais dans un compar­
tim ent d'officiers. Comme par hasard, quelques-uns parmi
eux s'avérèrent être des officiers juifs polonais, anciens pri­
sonniers de guerre libérés par les Alliés.
Nous arrivons à Munich de nuit, et on nous loge dans la
grande bâtisse de l'U.N.R.R.A. Le matin, un autocar nous
transporte au centre de la ville.
Munich, berceau du national-socialisme 1 C'est à l'ombre
de ces murs, dans un château des environs, qu'Hitler écrivit
MEIN KAMPF; c'est dans ces brasseries que se réunirent
les premiers noyaux du parti; C'Sst dans ces rues que se
déroulèrent les premières manifestations nazies.
(Suite page 3).
de responsabilité à prendre.
P rotéger nos valeurs morales,
développer nos forces spirituelles,
élever l’âm e de notre com m unauté
à l’échelle sublime de nos sacr.fices, voilà notre tâche.
Décimée et ensanglantée, l’âm e
du judaïsm e se débat entre iVs
courants hostiles comme une bou­
gie en plein vent. Lui rendre sa
substance rayonnante d’an tan e t la
porter h au t e t loin comme une
consécration de la victoire de l’es,
p rit sur la force brutale, c’est là
notre seule voie de salut, notre
seule revanche possible.
Am is congressistes, notre p re­
m ière tâche entreprise il y a un
an, est en voie d’achèvem ent. Il
est tem ps d’abandonner un m até,
rialism e au ra s du sol.
Une nouvelle tâche est devant
nous :
créer T’arm atu re solide
pour l’action de notre élite afin
de h âter e t vivifier la prise de
conscience nationale parm i nous.
A la lum ière de nos récentes
épreuves, nos négligences du passé
alim entent notre perm anent re ­
g r e t
Seule, notre réaction m orale doit
nous préserver de notre rem ord
vivant dans l’avenir.
Ce Congrès, vous le placerez
sous le signe de la rénovation spi­
rituelle d’Israël.
du 4 au 6 Mars 1946
Salle de la Chimie
d» la
Fédération des sociétés
Juiues de France
 

Quand meme .... Vol. 4 n° 2 (15 février 1946) - 1/6

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