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5* Année. N° 11-12
15 FR A. JS
Novembre-Décembre 1947
R E V U E ME]\fSXJEJ3LiLE JOE L A
F É I> É JR A T I OIV D E H S O C I É T É S J U I V E S D E
F H Ü N C 'E
ATTENTION !
En raison des perturbations
dont souüre actuellement le
trafic des P.T.T., la date de
clôture du Grand Prix de la
Nouvelle Juive est reportée
au 15 Décembre 1947.
y
N O S PRO BLEM ES
DE LA LUTTE
CONTRE L’ANTISÉMITISME
L
î « C.R.I.F. » (Conseil Représen­
tatif des Juifs de^France), a été
sollicité de préparer des moyens
de défense contre l'antisémitisme qui,
sournoisement, agit en profondeur en
attendant le moment propice pour
éclater au grand jour.
Sans nier les faits signalés par les
auteurs de la demande adressée au
« C.R.I.F. », nous doutons que ce der­
nier soit le réceptacle indiqué et que,
en général, un organisme juif doive
déclencher et conduire une action de
grande envergure contre les menées
antisémites.
Le mouvement antisémite ou. plus
exactement, le mouvement anti-juif,
puisque nos frères en race « sémite »,
les Arabes, ne sont pas visés par ce
mouvement, — est surtout, et avant
tout, un défi à la conscience humaine,
une infraction flagrante aux principes
élémentaires d'équité et de justice.
quelque peu de pessimisme et n’éta ent pas certains de voir le pro­
jet de la commission spéciale ob­
tenir les 30 voix nécessaires repré­
sentant la majorité absolue.
Fn Palestine, alors qu’on atten­
dait avec anxiété les résultats du
vo e final des préparatifs ont déjà
commencé pour mettre sur pied
u:* organisme provisoire qui pren­
drait en charge l’administration de
l’Etat juif.
On s’efforce d’accélérer dans la
mesure du possible les élections
pour la nouvelle Assemblée Natio­
nale des Juifs de Palestine. Un Co­
mité Central Electoral a été formé,
présidé par M. Bar-Evi.
L’Assemblée nationale agira en
tant que Premier Parlement Juif
et fera des propositions pour la
formation du Conseil Gouverne­
mental Provisoire de l’Etat juif !
V A -T .O N SE CONTENTER A NOUVEAU
D’UNE VAGUE INSTRUCTION RELIGIEUSE
OU BIEN SE DECIDERA-T-ON A INSTAURER
UN VERITABLE ENSEIGNEMENT JUIF ?
A
deux moisJ*|/tntervalle,
nous avons assisté à
deux conférences consacrées à
l'éducation juive. La première
fut convoquée à Jérusalem par
l'Université Hébraïque et par
le Vaad Leumi — 29 juillet6 août — La deuxième n'était,
après tout, qu'une conférence
annuelle, bien que cette fois-'
ci constitutive, d'un organisme
qui avait déjà une année
d'existence provisoire et qui
était né à Paris en septembre
1946 en vue d'une « recons­
truction spirituelle du Judaïs­
me en Europe ». L'objet de la
première conférence était à la
fois plus large et plus étroit.
Il ne se limitait pas aux pays
d'Europe, dévastés par la
guerre et par les persécutions
nazies. On pensait à Jérusalem,
mand et hongrois, de ces Judaïsmes dépérissants de l'Eu­
rope Occidentale et d'Outremer, la Palestine est le seul
pays au monde qui possède en
elle des ressources compara­
bles, dans une certaine mesu­
re, à celles qui existaient dans
les Judaïsmes disparus. On y
vit une vie jui\re pleine et en­
tière de tous les jpurs. Cent
mille enfants fréquentent un
vaste réseau d'écoles, entière­
ment juives, où l'enseignement
est fait exclusivement dans
une langue juive. Une armée
de 4.500 professeurs et insti­
tuteurs, bien préparés et bien
organisés, assurent l'instruc­
tion de ces enfants dans tou­
tes les matières scolaires. Leur
travail est supervisé par un
département d'instiuction pu­
blique du Vaad Léumi et par
le département pédagogique
de l'Université Hébraïque. La
Culture juive se développe
dans le paŸs, contrairement à
ce qui se passe ailleurs, sans
subir aucune pression ni at­
traction du milieu environnant,
sans être obligé de lui faire
des concessions. En même
temps cette culture ne vit pas
en vase clos. Elle surveille at­
tentivement tout ce qui se
passe dans le monde entier
dans le domaine de la scien­
ce, des idées et de la littéra­
ture. Les -meilleures oeuvres
mondiales sont immédiatement
traduites en hebrëu. Et, com­
me le prouve l'histoire cultu­
relle du Judaïsme, seules les
valeurs spirituelles, puisées
dans l'ambiance environnante
et passées par le canal de la
langue hébraïque, ont été ab­
sorbées par le Judaïsme sans
dommages et ont enrichi son
trésor.
\ ... '{jj!
E
N raison de tout cela, le
Judaïsme palestinien se
croit appelé à apporter son
aide spirituelle et culturelle
aux Judaïsmes de la Diaspo­
ra. Il ne parle pas de « Re­
construction Spirituelle ». Il li­
mite sa tâche à l'éducation
pure et simple et surtout à
l'éducation hébraïque, car il
voit dans cette langue qui est
courante chez lui, le véhicula
indispensable pour toute « re­
construction » et pour tout ren­
forcement spirituel du • Judaïs­
me. Il émet le vœu que des
écoles juives de plein temps
fonctionnent partout en langue
plus intime avec la réalité pa­
lestinienne.
La conférence de Paris de son
côté était limitée dans l'espace.
Elle ne s'ocupait que de l'Eu­
rope. Elle avait en vue un Ju­
daïsme en ruines. Mais, mal­
heureusement, elle ne faisait
pas sienne l'observation for­
mulée par le Grand Rabbin
Liber, que ces ruines se sont
accumulées dans. l'Occident
bien avant la catastrophe. Les
moyens'qu'elle prévoyait pour
y pallier semblaient inopérants
. et de faible envergure. L'an­
née -dernière elle voulait bor­
ner son activité aux camps,
par 1 F I N K
hébraïque, bien eniendu. Mais
il se rend bien compte que
c-ela ji'bdV
srms
un effort tout parucuuox r i
n'est réalisable que dans cer­
taines conditions. Il est bien
obligé d'admettre que le fonc­
tionnement des cours complé­
mentaires pour les matières
juives, à côté de l'instruction
reçue dans des écoles non-jui­
ves, est un mal inévitable
dans beaucoup de pays et en
prend son parti. Il voudrait
seulement qu'on encourageât
les jeunes Juifs à venir en Pa­
lestine ne fût-toe qu'on qua­
lité de touristes et de pèlerins,
s'ils ne peuvent pas se dé­
cider à y venir pour participer
à l'œuvre de la construction.
Le Judaïsme palestinien est
prêt à donner son concours à
toutes les initiatives : à ac­
cueillir les jeunes gens _ qui
voudraient se retremper à la
source, les jeunes maîtres qui
voudraient se perfectionner,
établir des échanges, envoyer
des professeurs de Palestine,
fournir du materiel scolaire,
etc. •
C
ES quelques points résum e n t les résolutions
adoptées à la Conférence de
Jérusalem. Elles reflètent un
compromis entre deux tendan­
ces, l'une extrémiste et intran­
sigeante, représentée par 1 Or­
ganisation des Professeurs pa­
lestiniens et soutenue par une
partie de la délégation nordaméricaine, l'autre plus modé­
rée, défendue par une grande
partie de la délégation nordaméricaine et par d'autres dé­
légations. La première ne
voyait pas autre chose que la
création d'écoles ' de plein
temps avec l'hébreu comme
langue d'enseignement, en vue
de la préparation d'une géné­
ration qui viendrait prendre
une part active dans la cons­
truction de la Palestine juive.
La seconde tenait compte des
réalités des temDs présents et
des conditions dans lesquelles
se trouve le Judaïsme de la
Diaspora et se contentait d un
renforcement effectif de 1 en­
seignement iuif. en laissant a
la jeune génération la possibi­
lité de prendre conscience de
son Judaïsme par un contact
malgré le programme plus
vaste proposé par la déléga­
tion française. Au cours de
2
.-orriTfîr p r o v is o ir e ,
issu de cette première confé­
rence, s'est rendu compte
qu'un travail spirituel se faisait
déjà dans les Camps ; il faut,
bien entendu, le renforcer et
l'étendre. Mais deux organisa­
tions, l'Agence Juive et l'A.
J.D.C. s'y appliquent déjà et
il n'y a pas de place pour un
troisième organisme qui se
consacrerait à un travail qui,
espérons-le, sera passager,
tandis que de grands be­
soins ’ dans l'Europe meur­
trie restent non satisfaits. Le
comité provisoire d'abord et
la conférence ensuite, tout
en procédant à la constitu­
tion définitive de l’U.J.E.C.O.,
étendit le champ de travail à
toute l'Europe. Les rapports
navrants qu'on entendit sur la
situation dans des pays tels
que l'Autriche et la Grèce jus­
tifient, dans une certaine me­
sure, le désir de l'U.J.E.C.O.
d'aller vite en besogne et de
fournir à ces pays, ne seraitce que des éducateurs hâtive­
ment préparés. Les moyens
limités qui se trouvent à sa
disposition ou qu'elle croit
pouvoir obtenir expliquent, il
est vrai, sa prudence, sa vo­
lonté de ne pas trop s'enga­
ger et de ne pas prendre sur
ses épaules, frêles et inexper­
tes, de trop lourdes charges.
Néanmoins, il aurait fallu
mieux préciser le but poursui­
vi. Une discussion engagée
autour de la question de sa­
voir si la religion devait do­
miner l'enseignement juif ou
si une éducation purement
laïque pouvait aussi trouver
sa place, avait fait escamoter
le problème fondamental. Les
deux points de la constitution
de l'U.J.E.C.O. : une atittude
positive envers la tradition et
v/nS cTTTW i&ft IcrvOTCtbVo onrors
1 entreprise juive *en ruiesuno,
semblent objectivement inat­
taquables. Le vrai problème
est ailleurs. H est important de
savoir si l'on va se contenter
à nouveau d'une vaque ins­
truction religieuse, comme
avant-aueire ou si l'on est dé­
cidé d'instaurer un enseigne­
ment Juif plus profond et plus
vaste. Si l'U.J.RC.O. revient
aux anciennes méthodes et
OuX habitudes du moindre ef­
fort, son entreprise.est vouée
d'avance à l'échec. Nous vou­
lons espérer que les bonnes
volontés qu’elle a su concen­
trer autour d'elle, le contact
qu'elle cherche à établir avec
le nouvel organisme créé à
Jérusalem, la rendront plus
attentive à l’appel du temps
et lui permettront de s'enaager
sur la vraie voie de l'éduca­
tion juive.
APPEL AUX ARTISANS,
INDUSTRIELS et COMMERÇANTS JUIFS
Le Service d'Aide aux Etrangers de la « Fédération des
Sociétés Juives de France » ne cesse d'étendre son action en
faveur des immigrés et transitaires juifs. Déjà il a permis à
des milliers de réfugiés de trouver un asile en France et
d'y reprendre une vie de travail.
Cependant, le problème des réfugiés juifs n est pas ré­
solu et il reste encore beaucoup à faire pour leur venir en
aide.
Le Service d'Aide aux Etrangers s'est donne pour tache
non seulement de régulariser la situation administrative des
réfugiés mais, en même temps, de normaliser leurs condi­
tions d'existence et de leur permettre de redevenir des êtres
productifs, contribuant 'à l'effort de redressement de la
France.
^
Afin de pouvoir poursuivre cette tâche, le Service d Aide
aux Etrangers en appelle à l'aide de tous les artisans,, indus­
triels et commerçants juifs qui ont besoin de main-d œuvre.
Adressez-vous à notre Service, transmettez-nous vos
offres d'emplois.
Vous trouverez ainsi l'ouvrier ou le technicien dont vous
avez besoin et vous nous permettrez d'arracher des réfugies
juifs aux camps de concentration et d'obtenir leur droit d en­
trée en France.
C'est là un devoir élémentaire de solidarité envers nos
frères qui ont déjà tant souffert.
Adresser toutes offres au :
Service- d'Aide aux Etrangers
29, rue Saint-Lazare - PARIS (10*)
TRInité 54-64.
 

Quand meme .... Vol. 5 n° 11-12 (novembre-décembre 1947) - 1/6

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