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REV U E JU IV E
Introduction à la Bible
Ceux qui voudront s ’adonner à une lecture méthodique de la Bible
consulteront avec fruit le petit ouvrage du Grand Rabbin Choucroun :
Introduction à la Bible, dont nous reproduisons ici le remarquable
avant-propos :
On entend parfois autour de soi des chefs religieux, des éduca­
teurs recommander avec insistance à leurs fidèles ou à leurs disciples
la lecture de la Bible. E t cependant on peut constater que de telles
exhortations ne réussissent pas toujours à susciter beaucoup d’em­
pressement à lire la Bible, dont on ne s’est pas fait faute de vanter
les mérites. Faut-il interpréter cela comme de l’indifférence ou de
l’hostilité à l’égard du Livre saint ? Nous ne le pensons pas entière­
ment. Nous croyons plutôt qu’à une époque où les sciences historiques
ont rendu accessibles au grand public tant de civilisations passées,
on ne peut malheureusement pas en dire autant en ce qui concerne
les lettres sacrées : les éditions de la Bible sont souvent peu encoura­
geantes par leur présentation extérieure ou leur traduction, rarement
lisible, mais surtout par l’absence à peu près complète de notes, de
ces notes précieuses, de ces introductions indispensables qui ne
manquent pas dans les bonnes éditions d’auteurs classiques français
ou étrangers.
Or, s’il est parfaitement admis que le lecteur moyen ne peut
réellement comprendre Horace, Montaigne ou Shakespeare, par
exemple, sans le secours d’explications, combien davantage apparaît
nécessaire une « Introduction à la Bible » ? La Bible, en effet, ne se
lit pas comme un roman, écrit par un auteur contemporain, issu d’une
civilisation que nous connaissons tous plus ou moins... La Bible est
un très vieux livre, composé dans un cadre historique et géographique
qui ne correspond guère à celui des temps présents. Peut-il donc
paraître si surprenant que nous soyons arrêtés dans la lecture de
!’Ecriture Sainte par des difficultés de toutes sortes, accrues encore
par l’emploi d’une langue — l’Hébreu — qui a ses images et ses
allégories, qui ne sont pas celles des langues latines ou anglo-saxonnes
auxquelles nous sommes davantage habitués !
On saisit immédiatement l’immense intérêt qu’il y aurait à faire
précéder cette lecture : 1) d’une « Introduction Générale » qui étudie­
rait un ensemble de questions communes à toute la Bible (origines,
formation, caractère sacré, interprétation, etc...) ; 2) d’une « Intro­
duction particulière » à chacun des différents livres, introduction
qui chercherait à en examiner le contenu et à en définir le caractère,
après qu’ils auraient été replacés dans leur cadre historique et géo­
graphique. Sans doute existe-t-il bien des Introductions à la Bible.
On a beaucoup écrit dans ce domaine, surtout en allemand et en
anglais, moins dans notre langue. D’éclatantes lumières ont été
 

La Revue Juive de Genève. Vol. 10 n° 6-7 fasc. 94-95 (juin-juillet 1947) - 1/1